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News septembre 2021

1° Au sujet de la transmission :

L’anticipation de la transmission du patrimoine est indispensable si l’on souhaite réduire le coût de celle-ci mais aussi en prévoir les conséquences concrètes. Vous pouvez ainsi souhaiter transmettre certains actifs à des personnes déterminées tout en assurant la protection d’autres. Vous pouvez encore souhaiter que la transmission se fasse en plusieurs étapes ou que la gestion des biens soit assurée par un tiers. Les outils juridiques et fiscaux sont nombreux et la variété des combinaisons permet de concevoir une solution « sur-mesure ».

2° Suite à nos récents arbitrages :

Par nature, un investissement en obligations présente moins de risques qu’un investissement en action. Cela est lié au fait que les actionnaires seront les derniers à être remboursés en cas de faillite d’une entreprise, bien après les détenteurs d’obligations. Néanmoins, dans le contexte actuel, certains commentateurs craignent qu’une hausse des taux directeurs entraîne une chute, voir un krach obligataire. Les obligations seront-elles toujours plus sûres que les actions en cas de hausse des taux ?

Comment est-ce que les fonds obligataires réagissent durant les périodes de hausse des taux ?

À l’aide des performances annuelles des fonds obligataires, nous souhaitons répondre à 3 questions pour chacune des cinq hausses de taux :

  • La hausse des taux cause-t-elle des pertes obligataires ?
  • Si tel est le cas, quelle est l’ampleur de ces pertes ?
  • Dans quel laps de temps, ces pertes sont rattrapées ?

La perte la plus importante affichée par les obligations sur cette période se situe au niveau de la remontée des taux entre 1999 et 2000.

La hausse des taux impacte donc de manière différente chaque type d’obligation. Néanmoins, une hausse des taux de la banque centrale, n’engendre une baisse des fonds obligataires que dans moins de 50 % des cas. On remarque enfin, que la hausse la plus marquée des taux directeurs (2005-2007) ne s’est pas traduite par une performance obligataire négative. L’amplitude de la hausse n’apparaît pas être un facteur déterminant.

Quelles ont été les pertes des fonds obligataires comparées à un indice action ?

Nous avons précédemment démontré qu’une hausse des taux ne signifiait pas toujours des performances négatives pour les obligations. Néanmoins, lorsqu’il y a des pertes, de quelle ampleur sont-elles ? Et comment sont ces pertes comparées à celles d’un indice action ?

Le tableau ci-dessous compare les pertes moyennes et maximales affichées par les obligations avec celles d’un indice d’actions américaines lorsqu’il y a des hausses des taux.

  court terme moyen terme long terme marché obligataire total actions américaines
Moyenne annuelle de perte pendant une hausse des taux -0,08% -3,57% -4,92% -1,18% -16,80%
Perte annuelle maximale pendant une hausse des taux -0,08 % -4,52 % -6,23 % -2,66 % -37,02 %

Sur la même période, les pertes moyennes annuelles du marché obligataire sont près de 3 fois inférieures aux pertes moyennes des actions. Cet écart est deux fois plus important en matière de pertes annuelles maximales.

Comment réagissent les fonds obligataires après une baisse ?

Comme vu précédemment, une hausse des taux directeurs des banques centrales ne signifie donc pas toujours baisse du marché obligataire. Et lorsque le marché obligataire subit des pertes, elles sont de faible amplitude.

Regardons désormais comment le marché obligataire réagit après une année de pertes.

Les baisses sont de courte durée puisque la performance de l’année qui suit une baisse est toujours positive.

Afin de réaliser ces graphiques, nous sommes partis des chiffres de pertes maximales de chaque fonds obligataire. Nous supposons que nous investissons 100 € juste avant la baisse.

Les résultats ci-dessous montrent que sur un investissement d’un an, il y aurait eu une perte, cependant, cette perte est effacée l’année suivante.

Scénarios : 

  • 1994-1995

court terme moyen terme long terme marché obligataire total

  dépôt initial pire année année suivante

1994-1995 court terme moyen terme long terme marché obligataire total
dépôt initial 100 100 100 100
pire année 99,92 97,88 94,7 97,34
année suivante  112,65 111,231 119,701 115,036

  1999-2000

Moyen terme long terme marché obligataire total

  dépôt initial pire année année suivante

  moyen terme long terme  marché obligataire total
dépôt initial   100 100 100
pire année   99,5 93,77 99,24
année suivante    108,694 104,797 110,543

  2015-2018

long terme

  • dépôt initial pire année année suivante
long terme
dépôt initial 100
pire année 97,79
année suivante  105,427

La performance des fonds obligataires est principalement liée aux coupons

Nous avons donc montré qu’une hausse des taux directeurs ne génère pas toujours une baisse des actifs obligataires. Et, lorsqu’il y a une baisse, elle n’est ni très importante ni durable.

Pour comprendre pourquoi, il faut s’intéresser aux facteurs explicatifs de la performance des fonds obligataire. Il y en a deux :

  • la variation du prix des obligations, si les obligations du fonds s’apprécient, alors le fonds réalisera une plus-value;
  • les coupons, ils représentent l’intérêt que verse une obligation à son détenteur, à fréquence régulière, une fois par an par exemple. Au même titre que le dividende est la rémunération de l’actionnaire, le coupon est la rémunération attachée à l’obligation.

La hausse du taux d’intérêt directeur augmente le taux de coupon, soit la rémunération perçue par le détenteur de l’obligation.

Répartition de la performance entre les variations de prix et les coupons/dividendes.

La performance de chacun des fonds obligataires provient à plus de 75% des dividendes.

À l’inverse, un tiers de la performance des actions américaines provient des dividendes.

Il n’est donc pas nécessaire de craindre la hausse des taux directeurs car cela provoque une baisse du prix des anciennes obligations et hausse des coupons des nouvelles obligations, plus performantes. Or nous venons de voir précédemment que les obligations étaient très peu sensibles au prix, il représente une partie infime de la performance obligataire.